Une refonte de site est souvent attendue avec impatience : nouveau design, nouvel outil, nouveaux textes. Pourtant, c’est aussi l’un des moments où une entreprise peut perdre en quelques jours des positions dans Google construites pendant des années. Le scénario est classique : le nouveau site est magnifique, mais les appels diminuent un mois après la mise en ligne.
La cause est presque toujours la même. Les anciennes adresses des pages ont changé, personne n’a prévu de redirections, et Google comme les visiteurs tombent sur des pages d’erreur. Des contenus qui fonctionnaient ont parfois été supprimés au passage.
Voici la méthode pour éviter ce scénario, en trois temps : avant, le jour de la mise en ligne, et après.
Avant la refonte : inventorier ce qui fonctionne déjà
On ne protège bien que ce que l’on connaît. Avant de toucher au site, constituez un inventaire complet de l’existant dans un tableur.
Lister toutes les URL de l’ancien site
Récupérez la liste des pages à partir de plusieurs sources : le plan du site (sitemap), l’export des pages dans Google Search Console, et si possible un outil d’exploration qui parcourt le site comme un robot. Vous aurez souvent des surprises : anciennes pages oubliées, fichiers PDF, articles de blog anciens toujours visités.
Repérer les pages qui comptent
Dans Search Console, exportez les pages qui reçoivent des clics depuis Google sur les douze derniers mois. Ajoutez dans votre tableau, pour chaque URL, le nombre de clics, les principales requêtes et, si vous le savez, les pages qui génèrent des demandes de contact. Ces pages sont prioritaires : leur contenu et leur adresse doivent être traités avec soin.
Prenons un fabricant de pergolas installé dans le Nord-Isère. Son inventaire révèle qu’un vieil article sur l’entretien du bois amène une part importante de ses visites, et que plusieurs demandes de devis arrivent par cette page. Le supprimer pendant la refonte aurait été une erreur coûteuse.
Noter les positions de départ
Relevez la position moyenne de vos principales requêtes et le volume de clics mensuel. Sans point de départ, vous ne pourrez pas mesurer l’effet de la refonte ni réagir à temps.
Pendant le projet : préserver les contenus et préparer les redirections
Reprendre et améliorer les contenus performants
Une refonte n’oblige pas à tout réécrire. Pour les pages qui fonctionnent, gardez la structure et les informations qui répondent aux recherches, et améliorez la forme : mise en page, photos, mise à jour des informations. Si vous fusionnez plusieurs pages en une seule, assurez-vous que la nouvelle reprend l’essentiel de chacune.
Construire le plan de redirections 301
Une redirection 301 indique à Google et aux navigateurs qu’une page a définitivement changé d’adresse. Elle transmet l’essentiel de la valeur acquise par l’ancienne URL vers la nouvelle. Dans votre tableur, ajoutez une colonne « Nouvelle URL » en face de chaque ancienne adresse.
- Chaque ancienne page pointe vers la nouvelle page la plus proche en contenu.
- Évitez de rediriger toutes les anciennes pages vers la page d’accueil : Google considère souvent ces redirections comme des pages introuvables.
- Évitez les chaînes de redirections (A vers B puis B vers C) : redirigez directement A vers C.
- Pour une page vraiment supprimée sans équivalent, une page d’erreur propre est acceptable, mais elle doit rester l’exception.
Exemple concret : « /pergola-bois.html » devient « /pergolas/pergola-bois ». La ligne du tableau indique ces deux adresses, et le développeur met en place la redirection correspondante.
Conserver les éléments de référencement
Reprenez les balises title et les méta descriptions des pages performantes, en les améliorant si besoin, sans changer le sujet principal. Vérifiez que les intertitres, les textes alternatifs des images et les liens internes sont bien présents sur le nouveau site.
Travailler sur un site de préproduction protégé
Le nouveau site doit être construit sur une adresse de test bloquée aux moteurs de recherche, idéalement protégée par un mot de passe. Sinon, Google risque d’indexer une copie de votre site en cours de travaux.
Le jour de la mise en ligne : la liste de contrôle
- Retirer le blocage d’indexation hérité de la préproduction. C’est l’oubli le plus fréquent et le plus grave.
- Tester les redirections à partir du tableur : chaque ancienne URL doit mener à la bonne nouvelle page.
- Vérifier que le site passe bien en HTTPS, sans contenu mixte.
- Envoyer le nouveau plan du site dans Search Console.
- Tester les formulaires, le numéro cliquable et le suivi des conversions.
- Mettre à jour le lien du site sur la fiche Google Business Profile et les réseaux sociaux si l’adresse a changé.
Choisissez une période calme pour la mise en ligne, en début de semaine plutôt qu’un vendredi soir, afin de pouvoir corriger rapidement.
Après le lancement : surveiller et corriger
Les semaines qui suivent sont décisives. Une baisse temporaire de quelques positions est fréquente pendant que Google explore le nouveau site. Une chute durable signale en revanche un problème à corriger.
- Consultez chaque semaine le rapport d’indexation de Search Console et les erreurs de pages introuvables.
- Ajoutez les redirections oubliées dès qu’une ancienne URL en erreur apparaît.
- Comparez clics et positions avec votre relevé de départ.
- Vérifiez que les demandes de contact arrivent toujours au même rythme.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Lancer la refonte sans inventaire des pages existantes.
- Laisser le prestataire changer toutes les URL sans plan de redirections.
- Supprimer des articles anciens jugés démodés alors qu’ils attirent des visites.
- Changer en même temps de nom de domaine, de structure et de contenus, ce qui multiplie les risques.
Exercice : votre tableau de migration en une heure
Commencez un tableur avec cinq colonnes : ancienne URL, clics sur douze mois, page génératrice de demandes (oui ou non), nouvelle URL, statut du test. Exportez les pages depuis Search Console et remplissez les deux premières colonnes. Marquez ensuite en couleur les vingt pages qui reçoivent le plus de clics.
Pour ces vingt pages, décidez dès maintenant : conserver, améliorer ou fusionner. Transmettez ce tableau à votre prestataire avant le début de la refonte et demandez qu’il soit utilisé pour les redirections.
Trois temps pour une refonte sans mauvaise surprise
Une refonte réussie se prépare bien avant le nouveau design : inventaire des pages, repérage de celles qui apportent du trafic et des demandes, plan de redirections 301, reprise soignée des contenus, contrôles le jour J et suivi attentif ensuite. Avec cette méthode, le nouveau site part sur les acquis de l’ancien au lieu de repartir de zéro.