Il y a quelques années, créer un site demandait soit du temps et des compétences techniques, soit un budget d’agence. Aujourd’hui, un assistant conversationnel peut proposer une arborescence en une minute, rédiger une page de service en deux et générer une image d’illustration dans la foulée.
À l’Agence WebM, l’IA m’accompagne au quotidien dans la production des sites. Elle fait gagner un temps énorme, à une condition : c’est vous qui apportez la matière (votre métier, vos clients, vos preuves) et c’est vous qui relisez. Sans cela, on obtient un site propre en apparence, mais vide, et parfois faux.
Cette formation suit l’ordre réel d’un projet : le brief, la structure, les textes, les images, la construction, puis la relecture et la mise en ligne.
Étape 1 : écrire le brief que l’IA ne peut pas deviner
L’IA connaît le langage, pas votre entreprise. Tout ce que vous ne lui dites pas, elle l’invente ou le remplace par des généralités. Avant d’ouvrir un outil, prenez une page et répondez par écrit à ces questions :
- Que vendez-vous exactement, et qu’est-ce que vous refusez de faire ?
- Qui sont vos clients types (particuliers, entreprises, quel secteur, quelle zone) ?
- Quelles questions vous posent-ils au premier appel ?
- Qu’est-ce qui vous distingue de façon vérifiable (délai, garantie, spécialité, ancienneté) ?
- Quelle action voulez-vous que le visiteur fasse : appeler, demander un devis, réserver ?
Prenons un plombier chauffagiste installé à Vienne. Son brief tiendra en dix lignes : dépannage et remplacement de chaudières, particuliers à moins de vingt kilomètres, intervention sous quarante-huit heures, spécialité pompes à chaleur, devis gratuit par téléphone. Ces dix lignes valent plus que n’importe quel prompt sophistiqué.
Étape 2 : faire proposer l’arborescence et la trame des pages
Collez votre brief dans l’assistant et demandez une structure, pas des textes. Par exemple :
« Voici le brief de mon entreprise. Propose l’arborescence d’un site vitrine de cinq à huit pages, avec pour chaque page son objectif, le mot-clé principal visé et la liste des sections dans l’ordre. Ne rédige pas encore les textes. »
Vous obtenez une base de discussion. Contestez-la : fusionnez deux pages trop proches, ajoutez une page par service important, retirez la page « Notre philosophie » que personne ne lira. Une bonne arborescence de TPE tient souvent en : accueil, une page pour chaque service important, réalisations, à propos, contact.
L’intérêt de cette étape est d’avancer section par section ensuite. Une IA qui doit écrire tout le site d’un coup produit des pages qui se ressemblent toutes.
Étape 3 : rédiger les textes page par page avec vos vraies informations
Traitez une page à la fois, en redonnant à chaque fois le brief et la trame de la page. Complétez avec ce que vous êtes le seul à connaître : un exemple de chantier, une objection fréquente, la façon dont se passe un premier rendez-vous.
« Rédige la page "Remplacement de chaudière" en suivant cette trame. Ton direct, vouvoiement, phrases courtes. Utilise uniquement les informations fournies. Si une information manque, écris [À COMPLÉTER] au lieu de l’inventer. »
Cette dernière consigne change tout. Elle fait apparaître les trous de votre brief au lieu de les combler avec des promesses inventées (« plus de vingt ans d’expérience », « le meilleur service de la région ») qui vous mettraient en difficulté.
Les tics d’écriture à chasser dans les textes générés
Les textes produits par une IA ont des signes reconnaissables : formules d’ouverture grandiloquentes, adjectifs empilés (« innovant, sur mesure et de qualité »), listes à puces partout, conclusions qui répètent l’introduction. Demandez une réécriture plus sobre ou corrigez à la main. Un visiteur, comme Google, se lasse vite d’un texte qui pourrait décrire n’importe quel concurrent.
Étape 4 : choisir l’outil de construction et produire les images
Pour assembler le site, trois familles d’outils existent : les constructeurs en ligne qui intègrent un générateur de pages (Wix, Webflow, Framer, Hostinger et d’autres en proposent), WordPress avec un thème et un constructeur de pages, ou du code généré par une IA puis hébergé. Pour un premier site, un constructeur en ligne reste le plus simple : vous collez vos textes validés dans la mise en page proposée.
Côté images, les générateurs sont utiles pour des illustrations neutres (un fond, une ambiance, une icône). Ils sont à proscrire pour représenter votre équipe, vos locaux ou vos réalisations : un client qui découvre que la belle photo d’atelier n’existe pas perd confiance. Une photo de chantier prise au téléphone, bien cadrée et compressée, vaut mieux qu’une image parfaite et fausse.
Étape 5 : la relecture humaine, de l’accueil aux mentions légales
Beaucoup d’entrepreneurs bâclent cette étape, et c’est celle qui fait la qualité du site. Relisez chaque page en vous posant trois questions : est-ce vrai, est-ce que je le dirais à un client en face de moi, est-ce que la page donne envie d’agir ?
Vérifiez ensuite les points concrets :
- les coordonnées (téléphone, adresse, horaires) sur toutes les pages ;
- les chiffres, délais et garanties, un par un ;
- les formulaires, en envoyant une vraie demande de test ;
- l’affichage sur téléphone, page par page ;
- les pages obligatoires (mentions légales, données personnelles), à adapter à votre situation réelle plutôt qu’à copier telles quelles.
Faites relire au moins la page d’accueil par une personne extérieure. Si elle ne peut pas dire en dix secondes ce que vous faites et où, la page n’est pas prête.
Les limites de l’IA dans un projet de site
L’IA ne connaît ni votre marché local, ni vos marges, ni vos meilleurs clients. Elle ne sait pas quels services vous voulez vraiment développer. Elle ne vérifie pas que votre site respecte les obligations légales, ni qu’il se charge vite. Elle peut aussi produire des textes très proches de ceux d’un autre site si vous lui donnez peu de matière.
Gardez donc la main sur trois décisions : ce que vous mettez en avant, ce que vous promettez et ce que vous publiez. Le reste (premiers jets, variantes de titres, reformulations) peut être largement délégué.
Exercice : le brief de votre site en une page
Prenez trente minutes aujourd’hui et rédigez votre brief en répondant aux cinq questions de l’étape 1. Ajoutez trois exemples de clients récents (sans les nommer sur le site) et les trois questions qu’on vous pose le plus souvent.
Donnez ce brief à un assistant avec la consigne de l’étape 2. Comparez l’arborescence proposée à votre site actuel, ou à votre idée de site : quelles pages manquent, lesquelles sont inutiles ? Notez vos trois corrections. Vous avez déjà fait le travail le plus important du projet.
Du brief au site en ligne, la méthode résumée
L’IA accélère chaque étape, mais elle ne remplace pas votre connaissance du métier. Commencez par un brief précis, faites construire la structure avant les textes, rédigez page par page avec l’interdiction d’inventer, réservez les images générées aux illustrations neutres, et relisez tout avant de publier.
Un site créé ainsi peut être en ligne en quelques jours et vous ressembler vraiment.