Google Search Console est un outil gratuit de Google qui vous montre comment votre site est vu par le moteur de recherche : quelles pages sont connues, sur quelles recherches elles apparaissent, combien de clics elles reçoivent et ce qui bloque.
C’est l’un des premiers outils que je branche sur chaque site de l’Agence WebM, avant même l’outil de statistiques. Sans lui, on travaille son référencement à l’aveugle.
Il paraît technique au premier abord. En pratique, une poignée de rapports suffit pour un site de TPE. Voici comment le mettre en place et quoi regarder.
Ajouter son site : domaine ou préfixe d’URL
Connectez-vous avec un compte Google que l’entreprise garde durablement, puis ajoutez une « propriété ». Deux choix s’offrent à vous :
- Domaine (par exemple monentreprise.fr) : couvre toutes les versions du site, avec ou sans www, en http et en https. C’est le choix recommandé.
- Préfixe d’URL (par exemple https://www.monentreprise.fr) : ne couvre que cette adresse exacte. Plus simple à valider dans certains cas.
Valider la propriété
Pour une propriété « Domaine », Google vous donne un enregistrement TXT à ajouter dans la zone DNS de votre nom de domaine, chez votre registrar. Copiez-le tel quel, enregistrez, puis cliquez sur « Valider ». La prise en compte peut demander quelques minutes à quelques heures.
Pour une propriété « Préfixe d’URL », vous pouvez aussi valider par une balise à placer dans le code du site, par un fichier à déposer sur le serveur, ou via un compte Google Analytics déjà installé. Sur WordPress, les extensions de référencement proposent un champ pour coller la balise.
Une fois validée, ajoutez dans « Paramètres », puis « Utilisateurs et autorisations », les personnes qui doivent y accéder, plutôt que de partager votre mot de passe.
Envoyer le sitemap pour présenter toutes vos pages
Le sitemap est un fichier qui liste les pages de votre site. Il aide Google à les découvrir plus vite. La plupart des outils le génèrent automatiquement : sur WordPress, l’extension de référencement le crée souvent à l’adresse /sitemap_index.xml ; sur d’autres outils, on le trouve en général à /sitemap.xml.
Dans le menu « Sitemaps », collez l’adresse et cliquez sur « Envoyer ». Revenez un ou deux jours plus tard : l’état doit indiquer « Opération effectuée » avec un nombre de pages découvertes cohérent avec votre site. Un site vitrine de douze pages qui affiche trois cents pages découvertes cache souvent des pages inutiles (archives, étiquettes, pages de pièces jointes).
Le rapport Performances, pour savoir comment on vous trouve
C’est le rapport que vous consulterez le plus. Il affiche quatre indicateurs :
- Clics : le nombre de visites venues de Google ;
- Impressions : le nombre de fois où une de vos pages est apparue dans les résultats ;
- CTR : la part des impressions qui donnent un clic ;
- Position moyenne : le rang moyen de vos pages.
Cochez les quatre, choisissez une période de trois mois, puis regardez l’onglet « Requêtes ». Vous voyez les recherches réelles qui vous font apparaître. Prenons un menuisier à Bourgoin-Jallieu : il découvre que « escalier sur mesure » lui apporte beaucoup d’impressions mais presque aucun clic, en position douze. Une page dédiée à ses escaliers, bien titrée, a de bonnes chances de le faire remonter.
Deux lectures utiles du rapport
Triez les requêtes par impressions et cherchez celles en positions 8 à 20 : ce sont les plus faciles à améliorer, en enrichissant la page concernée. Puis triez les pages par CTR : une page très affichée mais peu cliquée a sans doute un titre SEO ou une description peu engageants.
Le rapport Pages, pour vérifier l’indexation
Dans « Indexation », puis « Pages », Google sépare les pages indexées (qui peuvent apparaître dans les résultats) et les pages non indexées, avec la raison. Toutes les pages non indexées ne sont pas un problème : il est normal que les redirections, les pages en noindex volontaire ou les doublons techniques n’y figurent pas.
Concentrez-vous sur vos pages importantes. Si une page de service figure parmi les non indexées, regardez le motif indiqué.
L’inspection d’URL, pour une page précise
Collez l’adresse d’une page dans la barre en haut de Search Console. L’outil vous dit si elle est indexée, quand Google l’a explorée pour la dernière fois et si elle est bien lisible sur mobile. Après la publication ou la modification importante d’une page, cliquez sur « Demander une indexation » : cela ne garantit rien, mais accélère souvent la prise en compte.
Les erreurs courantes et ce qu’elles signifient
Voici les messages que je rencontre le plus souvent chez les TPE :
- « Exclue par la balise noindex » sur tout le site : l’option de WordPress qui décourage les moteurs de recherche est restée cochée après le lancement d’un WordPress. À décocher immédiatement.
- « Explorée, actuellement non indexée » : Google a vu la page mais l’a jugée peu utile. Souvent une page trop courte ou trop proche d’une autre. Enrichissez-la ou fusionnez-la.
- « Détectée, actuellement non indexée » : Google connaît la page mais ne l’a pas encore explorée. Fréquent sur un site neuf, à surveiller quelques semaines.
- « Page en double sans URL canonique sélectionnée par l’utilisateur » : deux adresses affichent le même contenu, par exemple avec et sans www. Mettez en place une redirection ou une balise canonique.
- « Introuvable (404) » : des liens pointent vers des pages supprimées. Après une refonte, redirigez les anciennes adresses importantes vers les nouvelles.
Exercice : votre premier tour de Search Console
Si votre site n’est pas encore déclaré, faites-le aujourd’hui et envoyez le sitemap. S’il l’est déjà, ouvrez le rapport Performances sur trois mois et notez :
- les cinq requêtes qui apportent le plus de clics ;
- trois requêtes à fort nombre d’impressions situées entre les positions 8 et 20 ;
- la page avec le plus d’impressions et le CTR le plus faible.
Ouvrez ensuite le rapport Pages et vérifiez que chacune de vos pages de services est bien indexée. Vous avez votre plan d’action du mois.
Search Console en quelques lignes
Déclarez votre site en propriété « Domaine », envoyez le sitemap, consultez chaque mois le rapport Performances pour comprendre comment on vous trouve, et le rapport Pages pour vérifier que vos pages importantes sont indexées. Les messages d’erreur ont presque toujours une cause simple : apprenez à la lire avant de vous inquiéter.