Une landing page, ou page d’atterrissage, est une page conçue pour une seule chose : faire agir le visiteur qui arrive d’une publicité, d’un e-mail ou d’une publication. Elle n’a pas à présenter toute l’entreprise. Elle doit convaincre une personne précise de faire une action précise.
C’est là que beaucoup de campagnes perdent leur argent. On paie un clic sur Google ou sur Facebook, puis on envoie la personne sur la page d’accueil, avec son menu, ses dix services et ses actualités. Le visiteur cherche, hésite et repart.
À l’agence, je construis régulièrement ces pages pour des campagnes de clients. Voici la structure qui fonctionne le mieux, avec les erreurs que je retire le plus souvent.
Une offre, une cible, une promesse
Avant d’écrire, complétez cette phrase : « Cette page s’adresse à … qui veulent … ; je leur propose … ; l’action attendue est … ». Si vous avez besoin de deux phrases, vous avez deux pages à faire.
Prenons une entreprise de rénovation énergétique près de Bourgoin-Jallieu. Elle ne fait pas une page « nos services ». Elle fait une page pour les propriétaires de maisons des années 70 qui veulent isoler leurs combles, avec une visite technique gratuite comme action.
Le titre principal reprend cette promesse avec les mots du client : « Isolez vos combles avant l’hiver, visite technique sans engagement autour de Bourgoin-Jallieu ». Juste en dessous, une phrase qui précise pour qui et comment. Le visiteur doit comprendre en cinq secondes s’il est au bon endroit.
Un conseil souvent négligé : le titre doit correspondre exactement au message qui a provoqué le clic. Si l’annonce parlait d’isolation des combles, la page ne commence pas par la pompe à chaleur.
Retirer tout ce qui distrait
Une page d’atterrissage gagne à être un couloir, pas un carrefour. Concrètement :
- pas de menu de navigation complet, seulement le logo et éventuellement le numéro de téléphone ;
- pas de liens vers le blog, les actualités ou les réseaux sociaux au milieu du texte ;
- un seul bouton d’action, répété plusieurs fois avec le même libellé ;
- les mentions légales et la politique de confidentialité restent accessibles en pied de page.
Le libellé du bouton compte. « Envoyer » ne dit rien. « Recevoir ma visite technique » ou « Réserver mon appel de 20 minutes » décrit ce que la personne obtient.
L’ordre des blocs, du haut vers le bas
Voici l’enchaînement que j’utilise comme point de départ. Il s’adapte, mais chaque bloc a une fonction.
- Le haut de page : titre, phrase de précision, bouton d’action, et si possible une photo réelle (l’équipe, un chantier, le produit).
- Le problème du client : deux ou trois phrases qui décrivent sa situation telle qu’il la vit. « Votre maison est froide à l’étage et la facture de chauffage grimpe chaque hiver. »
- La solution et son déroulé : comment se passe la prestation, en trois ou quatre étapes simples.
- Les preuves : avis, photos avant et après, logos de labels réellement obtenus, réalisations.
- Les réponses aux freins : une courte foire aux questions sur les délais, l’engagement, la zone couverte.
- Le formulaire, et une phrase qui annonce la suite donnée à la demande.
Des preuves que le visiteur peut croire
Le visiteur ne vous connaît pas. Il arrive par une publicité, donc il se méfie. Les preuves remplacent la confiance qu’il n’a pas encore.
Les plus efficaces sont aussi les plus simples : des avis Google réels avec le prénom et la ville, des photos de vos propres réalisations, une courte citation d’un client qui raconte un résultat concret. « Le chantier a duré deux jours et on sent la différence dès la première nuit froide » vaut mieux que « Prestation de qualité, je recommande ».
À éviter absolument : les faux avis, les photos de banque d’images présentées comme vos chantiers, les chiffres invérifiables. Un visiteur attentif repère vite ces signaux, et ils détruisent la page entière.
Le formulaire : court, rassurant, testé
Plus la liste de champs s’allonge, plus les visiteurs abandonnent en route. Demandez uniquement ce qui sert au premier échange : le nom, le téléphone ou l’e-mail, la commune, et un champ libre facultatif. Le reste se demande au téléphone.
Sous le bouton, une phrase qui rassure : « Un conseiller vous rappelle sous 48 heures ouvrées pour fixer la visite. Vos coordonnées ne servent qu’à traiter votre demande. »
Après l’envoi, affichez un message ou une page de remerciement qui confirme la réception et annonce la suite. Cette page sert aussi à mesurer les conversions dans vos outils de suivi.
Enfin, testez sur un téléphone. Une grande partie des visiteurs arrivant d’une publication sur les réseaux est sur mobile : le bouton doit être visible sans chercher, le formulaire doit se remplir avec le pouce, et la page doit s’afficher vite.
Les pièges qui font chuter les demandes
- Un titre qui parle de l’entreprise (« Depuis 15 ans à votre service ») au lieu du bénéfice client.
- Trois offres différentes sur la même page, qui obligent le visiteur à choisir.
- Un formulaire de douze champs avec un captcha difficile.
- Aucune indication sur le délai de rappel.
- Une page jamais modifiée après le lancement, alors qu’elle se travaille comme une annonce.
Exercice : le brouillon de votre page en une heure
Choisissez une offre que vous voulez mettre en avant ce trimestre. Sur une feuille, écrivez dans l’ordre :
- la phrase « Cette page s’adresse à… » complétée ;
- trois versions du titre principal, puis gardez la plus concrète ;
- le problème du client en deux phrases, avec ses mots ;
- les étapes de votre prestation, quatre au maximum ;
- trois preuves réelles dont vous disposez déjà ;
- les trois questions que vos clients posent toujours avant de signer, avec vos réponses ;
- le libellé du bouton et les champs du formulaire.
Montrez ce brouillon à un client fidèle et demandez-lui ce qu’il ne comprend pas. Ses réponses valent toutes les théories.
L’essentiel d’une page d’atterrissage réussie
Une seule offre, un seul bouton, des preuves vraies et un formulaire court. La page reprend le message qui a fait cliquer, rassure sur la suite et se teste sur mobile. Ensuite, on l’améliore pas à pas, en changeant un élément à la fois et en regardant le nombre de demandes reçues.