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Obtenir des liens vers son site sans risquer de pénalité

Un jour ou l’autre, vous recevrez cet e-mail : « Je peux placer votre site sur 500 annuaires. Votre référencement va décoller. » Il arrive généralement avec un ton très sûr de lui. Ce message mérite la corbeille, et cette formation explique pourquoi.

Un lien, c’est une page d’un autre site qui pointe vers le vôtre. Pour un moteur de recherche, c’est l’un des signaux qui indiquent que d’autres vous citent. Le contenu et la technique restent essentiels, mais sur des recherches disputées, deux sites équivalents peuvent se départager par leur notoriété, dont ces liens font partie.

Pour une TPE, l’objectif n’est pas d’en avoir des centaines. Quelques liens venant de sites réels, en rapport avec votre métier ou votre territoire, valent mieux que des centaines de liens fabriqués. Trions-les comme un feu tricolore.

Feu rouge : les pratiques que Google classe comme du spam

Google publie ses règles sur le spam, et les schémas de liens y figurent clairement. Évitez :

  • l’achat de liens destinés à influencer le classement, sans signalement particulier ;
  • les échanges en masse du type « je te mets un lien, tu m’en mets un » organisés à grande échelle ;
  • les réseaux de faux blogs, créés uniquement pour pointer vers des sites clients ;
  • les programmes automatiques qui déposent des liens dans les commentaires, les forums et les annuaires ;
  • les textes truffés de mots-clés en lien, publiés sur des sites qui acceptent tout.

Le risque est double. Le premier est une action manuelle, signalée dans Search Console, qui peut faire reculer votre site. Le second, bien plus fréquent, est moins spectaculaire : Google ignore ces liens et votre argent part en fumée. On ne vous le dira jamais, vous constaterez simplement qu’il ne se passe rien.

Feu orange : ce qui dépend de la façon de faire

Certaines pratiques ne sont pas interdites, mais peuvent déraper.

Les articles sponsorisés

Une marque paie un média pour publier un contenu. C’est légal et courant, à condition de le présenter comme une publicité et de signaler le lien avec l’attribut prévu à cet effet (rel=sponsored). Un tel lien vous apporte de la visibilité et des visiteurs, et non un signal de classement. Si un vendeur vous assure du contraire, soyez méfiant.

Les annuaires

Un annuaire peut être utile s’il sert réellement aux gens : chambre de métiers, fédération professionnelle, office de tourisme, annuaire reconnu dans votre secteur. Les listes générales sans visiteurs n’apportent rien. Une bonne question à se poser : est-ce qu’un client y chercherait vraiment un prestataire ?

Les échanges de liens entre partenaires

Un paysagiste et une pépinière qui travaillent ensemble et se citent mutuellement, cela n’a rien de suspect. C’est la répétition systématique avec des sites sans rapport qui pose problème.

Les articles invités

Écrire pour un site de votre secteur peut être excellent, si l’article est utile à ses lecteurs. Produire des dizaines de textes creux, avec un lien bourré de mots-clés, tombe en revanche dans les pratiques citées plus haut.

Feu vert : ce que vous possédez déjà sans le savoir

La plupart des bons liens d’une petite entreprise proviennent de relations qui existent déjà. Prenons une entreprise de menuiserie à Bourgoin-Jallieu. Elle peut demander un lien à :

  1. Ses fournisseurs et fabricants, qui ont parfois une page « où trouver nos produits » ou « nos poseurs agréés ».
  2. Ses organisations professionnelles : fédération, syndicat, chambre consulaire, labels qualité qui listent leurs membres.
  3. Ses partenaires de chantier : architecte, cuisiniste, maître d’œuvre qui présente ses réalisations.
  4. Le club ou l’association qu’elle soutient vraiment, dont le site cite les partenaires.
  5. La mairie ou la communauté de communes, si elles tiennent un répertoire des entreprises du territoire.
  6. Ses anciens établissements, si le dirigeant y intervient ou y accueille des stagiaires.
  7. La presse locale, qui ajoute parfois un lien quand elle consacre un article à un projet.

Reprenez votre comptabilité : vos fournisseurs et vos clients professionnels forment une liste toute prête. Puis cherchez votre nom dans Google, entre guillemets : vous trouverez souvent des mentions sans lien, faciles à compléter d’un simple e-mail.

« Bonjour, merci d’avoir cité notre entreprise sur votre page sur la rénovation du centre-bourg. Serait-il possible d’ajouter un lien vers notre site, afin que vos lecteurs nous trouvent facilement ? Voici l’adresse exacte. Merci d’avance. »

Mériter un lien avec une page qu’on a envie de citer

Les gens ne font pas de lien vers une page de services, mais volontiers vers une ressource utile. Interrogez-vous : que pourrais-je publier qu’un site de ma région aurait envie de partager ?

  • Un guide sur « les aides et démarches pour rénover ses fenêtres dans l’Isère », tenu à jour.
  • Une fiche téléchargeable sur « comment préparer son logement avant un chantier », utile aux architectes.
  • Une enquête menée auprès de vos clients, avec des chiffres réels, relevés par vous et présentés honnêtement.

Une fois la page publiée, signalez-la à deux ou trois personnes concernées, comme une agence immobilière locale ou une association d’habitants. Pas de campagne de masse : un message individuel, et une seule fois.

Le texte du lien et le rythme : rester naturel

Le texte cliquable, ou ancre, doit rester naturel. Le nom de l’entreprise, l’adresse du site ou une expression descriptive conviennent très bien. Si tous vos liens disent « menuisier pas cher Bourgoin-Jallieu », cela n’a plus rien de spontané.

Le rythme compte aussi. Inutile de chercher à en obtenir cinquante d’un coup. Un ou deux bons liens par mois, obtenus sur une année, forment une progression saine pour une petite entreprise, et surtout plus réaliste.

Garder un œil sur ses liens dans Search Console

Dans Search Console, le rapport « Liens » montre les principaux sites qui pointent vers vous. Consultez-le une fois par trimestre. Vérifiez aussi la rubrique « Actions manuelles », qui devrait indiquer qu’aucun problème n’est détecté.

Vous voyez apparaître quelques liens étranges venant de sites sans intérêt ? C’est courant, et Google sait généralement les ignorer. L’outil de désaveu de liens existe, mais il s’adresse à des cas rares et mal utilisé, il peut nuire. Ne vous en servez pas sans raison sérieuse ou sans conseil d’un spécialiste.

Exercice : dresser la liste des vingt sites qui vous connaissent

Ouvrez un tableau et écrivez vingt sites avec lesquels vous avez une vraie relation : fournisseurs, fédérations, partenaires, associations, écoles, médias locaux. Pour chacun, notez s’il existe déjà une mention de votre entreprise, le nom d’un contact et le type de page qui pourrait vous citer.

Envoyez ensuite trois messages personnalisés cette semaine. Trois chaque semaine suffisent pour ne pas en faire une corvée.

La bonne question devant toute offre de liens

Avant d’accepter, demandez-vous si ce lien existerait sans les moteurs de recherche. Un visiteur réel pourrait-il cliquer dessus et y trouver un intérêt ? Si la réponse est oui, avancez. Sinon, passez votre chemin, même si l’e-mail reçu semble très sûr de lui.

L’essentiel à retenir

  1. Quelques liens de sites réels liés à votre métier ou à votre territoire valent mieux que des centaines.
  2. Achat de liens, réseaux de faux blogs et dépôts automatiques figurent dans les règles sur le spam.
  3. Un article sponsorisé reste possible, à condition d’être présenté et signalé comme une publicité.
  4. Vos meilleurs liens viennent de vos fournisseurs, fédérations, partenaires et associations.
  5. Une ressource vraiment utile attire des citations qu’une simple page de services n’obtient pas.
  6. Regardez le rapport « Liens » chaque trimestre et réservez l’outil de désaveu aux cas rares.

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